Quand je sens certains soirs, ma vie qui s’effiloche,
Et qu’un vol de vautour s’agite
autour de moi,
Pour garder mon sang froid, Je tâte dans ma poche,
Un caillou ramassé dans la vallée des rois.
Si je mourrais demain, j’aurais dans la
mémoire,
L’impeccable dessin d’un sarcophage d’or
Et pour m’accompagner au long des rives noires,
Un sourire éclatant des enfants de
Louxor.
A l’intérieur de soi, je sais qu’il faut descendre,
À pas lents, dans le noir, et sans lâcher le fil,
Calme et silencieux, sans chercher à
comprendre.
Au rythme des bateaux, qui glissent sur le Nil.
C’est vrai, la vie n’est rien.
Le songe est trop rapide,
On s’aime, on se déchire, on se montre les dents.
J’aurais aimé bâtir pourtant ma pyramide.
Et que tous mes
amis puissent dormir dedans.
Combien de Papyrus, enroulés dans ma tête,
Ne verront pas le jour, ou seront oubliés aussi vite que moi.
Ma légende s’apprête. Je suis comme un désert qu’on aurait mal fouillé.
Si je mourrais demain, je
n’aurais plus la crainte,
Ni du bec du vautour, ni de l’œil du cobra.
Ils ont régné sur tant de dynasties éteintes.
Et le temps comme un fleuve, a la force
des bras.
Les enfants de Louxor ont quatre millénaires.
Ils dansent sur le mur, et toujours de profil,
Et savent sans efforts, se dégager des
pierres,
À l’heure où le soleil se couche.
Je pense m’en aller sans que nul ne remarque, Ni le bien, ni le mal que l’on dira de
moi.
Mais je déposerais, tout au fond de ma barque,
Le caillou ramassé dans la vallée des rois.
Les enfants de Louxor B. Dimey
Par Rose
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